Si vous nous suivez depuis un moment, vous savez qu’on ne se lasse jamais des Vosges. Ce massif, c’est un peu notre terrain de jeu : des lacs glaciaires aux eaux cristallines, des forêts de sapins qui sentent bon la résine, des sommets accessibles mais suffisamment hauts pour couper le souffle — le Hohneck et ses 1 363 mètres, le Grand Ballon qui culmine à 1 424 mètres. Et puis il y a ces fermes-auberges où l’on vous sert un repas marcaire comme nulle part ailleurs.
Le mieux ? Les Vosges sont à portée de volant : comptez 4 heures depuis Paris par l’A4 et l’A31, autant depuis Lyon via l’A36. Pour ceux qui arrivent de l’Est, c’est encore plus rapide. Un week-end prolongé suffit pour se ressourcer complètement.
Après des années à arpenter ces sentiers, on a fini par définir trois itinéraires coup de cœur. Que vous soyez en couple, en famille ou entre amis, il y en a forcément un qui vous correspond : les grands lacs et la haute montagne, le patrimoine et les villages de caractère, ou l’aventure en pleine nature. On vous emmène ?
Itinéraire 1 — Les lacs et la Haute Montagne
Durée : 2-3 jours | Ambiance : Nature, lacs glaciaires, panoramas d’altitude | Pour : Couples, familles, amoureux de nature
C’est l’itinéraire parfait pour une première découverte du massif. On commence par Gérardmer, « la Perle des Vosges », et son lac emblématique : le plus grand lac naturel du massif avec ses 115 hectares, posé à 660 mètres d’altitude. Un sentier pédestre de 6 kilomètres en fait le tour — comptez une bonne heure et demie pour une balade tranquille en famille.
Jour 1 — Gérardmer et la cascade de Mérelle
Après votre arrivée, installez-vous et profitez du lac. De juin à septembre, la baignade est surveillée à la plage de l’Union Nautique. Les plus actifs pourront louer un kayak, un pédalo, ou même tenter un baptême de plongée. L’après-midi, partez vers la cascade de Mérelle. La randonnée fait environ 3 kilomètres et grimpe jusqu’à la Tour de Mérelle, un observatoire perché à 897 mètres qui offre une vue plongeante sur le lac et la ville. Prévoyez des chaussures qui accrochent bien : certains passages peuvent être glissants après la pluie.
Jour 2 — La vallée des Lacs et le Hohneck
Cette journée est notre préférée. Direction la vallée des Lacs, où trois joyaux s’enchaînent sur quelques kilomètres. Le lac de Longemer d’abord, surnommé « le miroir aux mille reflets » avec ses 76 hectares à 736 mètres d’altitude. Puis le lac de Retournemer, plus petit et plus sauvage, blotti dans un écrin de verdure à 776 mètres. Un secret qu’on vous confie : à cinq minutes de marche en amont du lac, une cascade de 10 mètres vous attend — bien moins fréquentée que celle de Mérelle.
Poursuivez ensuite vers le col de la Schlucht (1 139 mètres), le col le plus élevé des Vosges, puis grimpez au Hohneck. Du haut de ses 1 363 mètres, c’est le troisième sommet du massif et le point culminant du département des Vosges. Par temps clair, le panorama à 360° révèle la Forêt-Noire, la plaine rhénane et parfois même les Alpes. Arrivez tôt le matin : vous aurez peut-être la chance de croiser des chamois, réintroduits dans les années 1950 — on compte aujourd’hui près de 850 individus sur le massif.
Jour 3 — La Bresse et le lac des Corbeaux
Pour le dernier jour, direction La Bresse et son lac des Corbeaux. À 887 mètres d’altitude, niché dans un cirque glaciaire, ce lac de 9 hectares a quelque chose de mystérieux. Son nom ? Une déformation de « courbées », qui désignait les reliefs pentus alentour. Le tour du lac se fait en 30 minutes environ, mais les plus motivés grimperont jusqu’à la Roche du Lac pour un point de vue spectaculaire (comptez 1h30 aller-retour). Avant de repartir, un arrêt à la confiserie vosgienne s’impose pour rapporter quelques bonbons des Vosges en souvenir.
Notre conseil : Le lac de Retournemer cache une cascade accessible en 5 minutes — beaucoup moins fréquentée que Mérelle. Pour le Hohneck, arrivez tôt le matin : lumière magique, chamois au rendez-vous, et pas un chat.

Itinéraire 2 — Patrimoine et villages de caractère
Durée : 2-3 jours | Ambiance : Culture, patrimoine, bien-être thermal | Pour : Curieux, amateurs de patrimoine et de détente
Pour cet itinéraire, on reste dans notre élément : on vous fait découvrir Épinal, notre ville, mais aussi les trésors cachés du sud du département. Architecture, histoire, thermalisme — tout y est.
Jour 1 — Épinal, capitale de l’image
Impossible de visiter Épinal sans passer par l’Imagerie Pellerin. Fondée en 1796, cette institution est l’une des dernières imprimeries d’images populaires en Europe. Elle conserve un trésor : plus de 1 300 bois gravés, près de 7 000 pierres lithographiques et 23 machines anciennes classées monuments historiques. Bonne nouvelle : la Ville d’Épinal a officiellement racheté l’Imagerie en janvier 2026 — le moment idéal pour (re)découvrir ce patrimoine unique qui entre dans le domaine public.
Après la visite, flânez sur la Place des Vosges, bordée de maisons à arcades. Puis grimpez au Parc du Château : 27 hectares de verdure avec vue panoramique sur la ville et la Moselle. Terminez par une balade sur les rives du fleuve, apaisante à souhait.
Jour 2 — Remiremont et Plombières-les-Bains
Cap au sud vers Remiremont, ancienne cité abbatiale au charme discret. Puis direction Plombières-les-Bains, la « Ville aux mille balcons ». Cette station thermale est fréquentée depuis l’Antiquité romaine — les vestiges du IIe siècle sont encore visibles aux Bains Romains, un parcours souterrain fascinant.
C’est ici que Napoléon III a séjourné à sept reprises entre 1856 et 1868. C’est ici aussi qu’a eu lieu, le 21 juillet 1858, la fameuse « Entrevue de Plombières » avec Cavour, accord secret qui a conduit à l’unification de l’Italie et à l’annexion de la Savoie et de Nice par la France. Les Thermes Napoléon, dont l’Empereur a lui-même posé la première pierre en 1857, accueillent toujours les curistes dans un décor Belle Époque. Et ne repartez pas sans goûter la glace Plombières : crème glacée aux amandes, kirsch et fruits confits, une spécialité née en 1858.
Jour 3 — Luxeuil-les-Bains ou vallée de la Moselle
Pour le dernier jour, deux options s’offrent à vous. Direction Luxeuil-les-Bains pour prolonger l’expérience thermale dans une autre ville d’eau chargée d’histoire. Ou préférez une escapade bucolique dans la vallée de la Moselle, entre petits villages, prairies et forêts. Dans les deux cas, prenez le temps : c’est le secret du voyage dans les Vosges.
Notre conseil : L’Imagerie d’Épinal vient d’être rachetée par la ville — c’est le bon moment pour la visiter avant que tout le monde ne s’y précipite. À Plombières, ne manquez pas les Bains Romains et leur atmosphère hors du temps.

Itinéraire 3 — Nature sauvage et aventure
Durée : 3 jours | Ambiance : Randonnée, sensations fortes, immersion nature | Pour : Sportifs, randonneurs, aventuriers
Cet itinéraire, c’est pour ceux qui veulent transpirer un peu et revenir avec des souvenirs plein les mollets. Sentier mythique, chaumes d’altitude, repas de montagnard : on vous a concocté un programme intense mais inoubliable.
Jour 1 — Le Sentier des Roches
Le Sentier des Roches, c’est LA randonnée mythique des Vosges. Créé en 1910 par Heinrich Strohmeyer, président du Club Vosgien de Munster, il relie le col de la Schlucht au cirque glaciaire du Frankenthal. Taillé à flanc de falaise, équipé de mains courantes, d’escaliers et de passerelles, il attire environ 40 000 randonneurs chaque année.
Soyons clairs : ce n’est pas une balade de tout repos. Certains passages sont vertigineux et exposés. De bonnes chaussures sont indispensables, et on vous déconseille fortement de vous y aventurer par temps humide — les rochers deviennent très glissants. Le sentier est d’ailleurs fermé du 1er novembre au 30 avril par arrêté préfectoral. Mais quelle récompense : les cirques glaciaires du lac Blanc et du lac Noir sont absolument spectaculaires.
Jour 2 — Vallée de Munster et fermes-auberges
Changement d’ambiance : direction la vallée de Munster, célèbre pour son fromage AOP au caractère bien trempé. Le matin, partez à l’assaut du Petit Ballon en traversant les chaumes d’altitude. Ces vastes étendues herbeuses, équivalent vosgien des alpages, offrent des panoramas à perte de vue.
Le clou de la journée ? Le repas marcaire dans une ferme-auberge. Ces anciennes marcairies, où les fermiers fabriquaient fromage et beurre pendant l’estive, sont aujourd’hui de véritables tables d’hôtes de montagne. Au menu : potage ou tourte de la vallée, roïgabrageldi (des pommes de terre en lamelles cuites deux à trois heures dans le beurre avec oignons et lard — une merveille), viande de porc fumée, fromage de Munster ou Bargkas, et dessert (fromage blanc au kirsch « Siesskass » ou tarte aux myrtilles). Comptez environ 28 € pour ce festin. Attention : la réservation est obligatoire en saison.
Jour 3 — Route des Crêtes et Grand Ballon
Pour le final, on vise le toit des Vosges : le Grand Ballon et ses 1 424 mètres. Aussi appelé Ballon de Guebwiller, c’est le point culminant du massif. Depuis le parking du Chalet Hôtel sur la Route des Crêtes, comptez 15 à 45 minutes de marche pour atteindre le sommet.
Là-haut, le panorama est grandiose : plaine d’Alsace, Jura, Forêt-Noire, et par temps très clair, les Alpes et le Mont-Blanc. Vous croiserez aussi le Monument des Diables Bleus, érigé en 1927 en hommage aux chasseurs alpins tombés pendant la Première Guerre mondiale, et le radar de l’aviation civile construit en 1997 — une grosse boule blanche devenue repère visuel. Redescendez par le Markstein pour boucler la journée en beauté.
Notre conseil : Le Sentier des Roches demande de vraies chaussures de randonnée. Rangez vos bâtons dans le sac pour ce passage : vous aurez besoin de vos mains. Pour les fermes-auberges, réservez à l’avance, surtout en été et à l’automne.
Nos conseils pratiques
Où dormir
Pour profiter pleinement de ces itinéraires, on vous recommande les chambres d’hôtes vosgiennes. L’accueil y est chaleureux, les hôtes connaissent le massif comme leur poche, et le petit-déjeuner maison vaut souvent le détour. Pour les familles ou les groupes d’amis, les gîtes avec cuisine équipée offrent plus d’autonomie. Retrouvez toutes les adresses sur chambredhotevosges.com.
Quelle est la meilleure période ?
Chaque saison a son charme. Le printemps (avril-mai) voit la nature s’éveiller : les cascades sont gonflées par la fonte des neiges et la fréquentation reste modérée. L’été (juin-septembre), c’est la saison idéale pour la baignade dans les lacs et les randonnées d’altitude. L’automne (septembre-octobre) offre des couleurs flamboyantes et les fermes-auberges tournent à plein régime. Quant à l’hiver, c’est une autre ambiance : ski, raquettes, marchés de Noël — mais ça, c’est une autre histoire.
Comment y accéder ?
En voiture, depuis Paris, prenez l’A4 puis l’A31 : comptez environ 4 heures. Depuis Lyon, c’est l’A36 et également 4 heures de route. En train, le TGV vous dépose à Épinal ou Remiremont, mais vous aurez besoin d’une voiture de location pour explorer le massif en toute liberté — c’est vraiment indispensable pour profiter des itinéraires.
Quoi emporter ?
De bonnes chaussures de marche, même pour les balades autour des lacs. Des vêtements en couches : la météo change vite en altitude, et un sommet ensoleillé peut se couvrir en quelques minutes. Et n’oubliez pas votre maillot de bain en été — les lacs sont baignables et franchement agréables.
À vous de jouer
Ces trois itinéraires ne sont que des suggestions. Le massif vosgien a ce talent rare de se prêter aussi bien à l’organisation qu’à l’improvisation. Vous pouvez suivre nos traces pas à pas ou bifurquer vers un sentier qui vous fait de l’œil, vous arrêter dans un village qui n’était pas prévu, prolonger une étape qui vous a particulièrement plu.
Une chose est sûre : une fois que vous aurez goûté aux Vosges, vous aurez envie d’y revenir. Alors, lequel de ces itinéraires vous tente pour votre prochain week-end ?
