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Road trip en Suisse : itinéraire ultime, lacs, montagnes, conseils

On ne va pas se mentir, la Suisse, c’est un peu la Rolls-Royce du road trip en Europe. Imaginez des routes asphaltées avec la précision d’un horloger, serpentant entre des lacs d’un bleu surnaturel et des sommets qui grattent le ventre des nuages.

Mais attention, si le décor ressemble à une carte postale Photoshopée, l’organisation, elle, demande un peu plus de rigueur qu’une simple balade du dimanche. On a sillonné ces routes, testé les cols mythiques et, avouons-le, mangé beaucoup trop de fromage pour vous concocter cet itinéraire ultime.

Vous cherchez à en prendre plein les yeux tout en évitant les pièges à touristes (et les amendes salées) ? Attachez votre ceinture, ajustez vos rétroviseurs, on vous emmène.

Avant de partir : Le kit de survie administratif

Avant même de tourner la clé de contact, il y a quelques règles d’or à connaître. La Suisse n’est pas dans l’Union Européenne, et elle a ses petites manies.

1. La fameuse vignette autoroutière

C’est le sésame indispensable. Contrairement à la France où l’on passe son temps à jeter des pièces aux péages, ici, on paie une fois pour toutes.

  • Prix : 40 CHF (environ 42€ selon le cours).
  • Durée : Valable pour l’année civile en cours (jusqu’au 31 janvier de l’année suivante).
  • Où l’acheter : À la douane, dans les stations-service frontalières ou en version électronique (e-vignette) depuis 2023.

Notre avis : Ne jouez pas au plus malin en essayant de l’éviter. L’amende est de 200 CHF + le prix de la vignette. Ça fait cher l’économie de bout de chandelle.

2. Conduite et amendes : Tolérance zéro

Si vous avez le pied lourd, oubliez la Suisse. Le programme Via Sicura est draconien. Les radars sont souvent invisibles, cachés dans des boîtiers gris discrets. Un excès de vitesse important peut vous mener directement à la case prison (sans passer par la case départ) ou à la confiscation de votre véhicule. Oui, ils sont sérieux.

3. La check-list « Road Trip Suisse »

IndispensablePourquoi ?
Francs Suisses (CHF)Même si la carte passe presque partout, les petits parkings de montagne aiment le cash.
Disque de stationnementLes zones bleues sont légion. Sans disque, c’est la prune assurée.
Lunettes de soleilLa réverbération sur la neige (même en été) ou les lacs est traître.
Adaptateur priseLa Suisse utilise des prises type J (trois fiches hexagonales). Nos prises plates passent, les grosses rondes non.

L’Itinéraire Ultime : La Grande Boucle (7 à 10 jours)

Pour cet itinéraire, on vous propose une boucle au départ de Genève (facilement accessible), mais vous pouvez la commencer depuis Bâle ou Zurich. C’est un tracé qui mixe la dolce vita lacustre et la rudesse majestueuse de la haute montagne.

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Étape 1 : De Genève à Montreux – La Riviera Vaudoise

Distance : env. 90 km

On quitte Genève en longeant le lac Léman par la route cantonale (évitez l’autoroute ici, c’est criminel de rater la vue). Votre objectif : Lavaux.

Imaginez des vignes en terrasses qui plongent dans le lac comme un escalier géant construit pour Bacchus lui-même. C’est classé à l’UNESCO, et honnêtement, c’est à couper le souffle. Arrêtez-vous à Epesses ou Saint-Saphorin pour déguster un verre de Chasselas. C’est un vin blanc minéral, parfait pour l’apéro.

Le conseil d’expert : Ne manquez pas le Château de Chillon à Montreux. C’est le monument le plus visité de Suisse, certes, mais flâner sur les quais fleuris de Montreux avec la statue de Freddie Mercury en toile de fond, ça a un charme fou.

Étape 2 : Le Valais et le Roi Cervin

Distance : env. 140 km

On quitte le lac pour remonter la vallée du Rhône. Ici, le paysage change. Il fait chaud, sec, c’est le verger de la Suisse. On bifurque vers Täsch.

Pourquoi Täsch ? Parce que Zermatt est interdit aux voitures thermiques. Vous devrez laisser votre fidèle destrier au parking et prendre la navette.

Arriver à Zermatt, c’est prendre une claque visuelle. Le Cervin (Matterhorn pour les intimes, ou « la montagne du Toblerone ») domine tout. C’est une pyramide de roche hypnotique.

  • À faire absolument : Le train du Gornergrat. Il vous monte à 3089m pour une vue imprenable sur les glaciers. C’est cher (environ 100 CHF l’aller-retour), mais c’est le prix de l’inoubliable.

Étape 3 : La route des cols mythiques (Furka, Grimsel)

Distance : env. 100 km (mais ça prend du temps)

C’est ici que le road trip prend tout son sens. Depuis le Valais, on monte vers Gletsch. Devant vous, deux monstres sacrés : le Col de la Furka et le Col du Grimsel.

Le Furka Pass, c’est une légende du cinéma. C’est là que James Bond (Sean Connery) poursuit Goldfinger dans son Aston Martin DB5 en 1964. La route est étroite, les virages en épingle sont serrés, et le vide est omniprésent. C’est grisant.

Attention : Ces cols sont généralement fermés de fin octobre à début juin à cause de la neige. Vérifiez toujours l’état des routes sur tcs.ch avant de vous engager.

Une fois en haut du Grimsel, le paysage devient lunaire, minéral, parsemé de lacs de barrage d’une couleur laiteuse. C’est notre coup de cœur absolu de cet itinéraire.

Étape 4 : L’Oberland Bernois – La Terre du Milieu

Distance : env. 80 km

En redescendant vers le nord, vous arrivez dans la région d’Interlaken. Vous êtes littéralement « entre les lacs » (Thoune et Brienz). L’eau du lac de Brienz est d’un turquoise si saturé qu’on croirait qu’un géant y a vidé un pot de peinture.

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Filez directement vers Lauterbrunnen. Si vous êtes fan du Seigneur des Anneaux, sachez que J.R.R. Tolkien s’est inspiré de cette vallée aux 72 cascades pour créer Fondcombe (Rivendell). C’est une vallée encaissée, verdoyante, dominée par des falaises verticales.

L’activité phare :

Si le budget le permet, montez au Jungfraujoch. C’est la gare la plus haute d’Europe. On est sur le toit du monde. Sinon, une randonnée vers Mürren offre des panoramas tout aussi spectaculaires pour le prix d’une bonne paire de chaussures.

Étape 5 : Lucerne et le retour au calme

Distance : env. 70 km

Pour boucler la boucle (ou presque), direction la Suisse Centrale. Lucerne est probablement la plus jolie ville de Suisse. Son Pont de la Chapelle (Kapellbrücke) en bois, datant du 14ème siècle, est l’emblème de la ville.

C’est l’endroit idéal pour acheter vos souvenirs (couteaux suisses, chocolats) et profiter d’une dernière fondue au bord de l’eau avant de reprendre la route vers Genève ou Bâle via l’autoroute.

Le nerf de la guerre : Le Budget

Soyons transparents : la Suisse est chère. Très chère. C’est un peu comme si votre compte en banque fondait aussi vite qu’une raclette au soleil.

Voici une estimation moyenne pour un couple par jour :

  • Carburant : Similaire à la France/Belgique, parfois un chouïa moins cher.
  • Hébergement :
    • Camping : 40 – 60 CHF (propre, bien équipé).
    • Hôtel standard : 150 – 200 CHF.
    • Airbnb : 120 – 180 CHF.
  • Nourriture :
    • Restaurant : 30 – 50 CHF par personne (plat + boisson).
    • Supermarché (Coop/Migros) : La solution survie. Leurs buffets à salades et poulets grillés sont excellents et abordables.

L’astuce « radin malin » : L’eau des fontaines publiques est potable partout en Suisse (sauf indication contraire). Elle est fraîche, pure et gratuite. Remplissez vos gourdes !

Quand partir pour un road trip en Suisse ?

Le timing est crucial, car la météo en montagne est capricieuse.

  1. Juillet – Août : Tout est ouvert, il fait beau, les cols sont accessibles. Mais c’est la foule et les prix flambent.
  2. Juin et Septembre (Le Graal) : C’est pour nous la meilleure période. Les journées sont encore longues, la lumière est plus douce, et il y a beaucoup moins de camping-cars sur les routes étroites.
  3. Hiver : Oubliez le road trip tel que décrit ici. Les cols (Furka, Grimsel, Susten) sont fermés. C’est une autre ambiance, orientée ski.

Conclusion : Pourquoi vous devez le faire ?

Faire un road trip en Suisse, c’est accepter de se sentir tout petit. C’est une leçon d’humilité face à une nature qui a décidé d’être ostentatoire.

On revient de ce voyage avec une rétine imprimée de sommets enneigés et une envie furieuse d’y retourner. Alors, vérifiez la pression des pneus, chargez la playlist (un peu de Yodel, un peu de Rock), et lancez-vous. La route est belle, et elle n’attend que vous.

Bon voyage !

Guillaume

Je suis Guillaume, chef cuisinier depuis 2005 et passionné par tout ce qui touche à l’art de vivre. À travers ce blog, je partage avec vous mes recettes, mes inspirations culinaires, ainsi que mes idées pour embellir la maison et le jardin, sans oublier mes découvertes de voyage. J’aime transmettre, expérimenter et éveiller les sens, que ce soit derrière les fourneaux ou au détour d’un sentier.